Enquête CCFT: Tous secteurs et tailles, 90 % des entreprises françaises implantées en République tchèque ont connu une baisse de la demande

Les impacts économiques du Coronavirus sur les entreprises françaises implantées en République tchèque.

Face à la pandémie de coronavirus et aux mesures adoptées par le gouvernement tchèque, 90 % des entreprises françaises implantées en République tchèque ont connu une baisse de la demande. Une entreprise sur deux s’attend à ce que la situation empire en avril et que leurs ventes diminuent de plus de 40 %. Cependant, seulement 35 % des entreprises sondées ont eu recours au chômage technique ou partiel[1]. Ces chiffres découlent du sondage réalisé par la Chambre de commerce franco-tchèque, menée auprès d’un échantillon représentatif de ses sociétés membres, fin mars.

« Plus de 60 % des entreprises qui ont participé au sondage de la Chambre de commerce franco-tchèque ont dû réduire ou interrompre leurs activités en raison de l’épidémie de coronavirus. Cependant, celles qui le peuvent, continuent à produire et à travailler (plus de 80 % d’entre elles ont instauré le télétravail). Pour maintenir leur activité et les emplois, ces entreprises ont besoin du soutien du gouvernement - des règles claires, des décisions rapides et un accès facilité aux mesures de soutien. Fidèles à leurs valeurs, les entreprises françaises basées en République tchèque soutiennent activement la communauté business par des actions et offres solidaires. Le rôle de la Chambre est de fournir autant que possible des contacts, des informations, des conseils et de se mettre à disposition de ses membres en ces temps difficiles. » estime Roland Bourgeois, président de la Chambre de commerce franco-tchèque.

Baisse des ventes et perspectives incertaines

Fin mars, quelques entreprises connaissent déjà des difficultés financières, ce sont en effet 38 % d’entre elles qui rencontrent des problèmes de trésorerie. Pour ce mois de mars, 47 % des entreprises anticipent une baisse des ventes de plus de 20 %. 51 % des sondés supposent que la situation va se dégrader en avril et prévoient une baisse de leurs ventes d’au moins 40 %.

La moitié des organisations sondées prévoient un retour à la normale au cours de l’été, mail il est difficile pour elles d’estimer l’évolution sur le long terme. A fin d’année, les entreprises s’attendent à une baisse de leurs chiffres d’affaires d’au moins 20% par rapport à leurs prévisions initiales.  

Les difficultés attendues par les organisations sondées sont : l’arrêt des investissements (59 %), des retards de paiements des clients (52%), des difficultés à attirer de nouveaux clients et partenaires (51%), l’annulation des commandes (48%), la mise en pause des recrutements (41%) et la stagnation des salaires (38%).

Le problème rencontré par majoritairement toutes les entreprises en République tchèque concerne les ressources humaines. Ces dernières ont déclaré que près de 20 % de leurs employés sont indisponibles (congés maladie, gardes d’enfants ou refus de venir au travail). Les entreprises notent également une augmentation significative du nombre d’employés qui ont posé leurs congés ou pris des congés sans solde. Néanmoins, seulement 35 % ont jusqu’à présent eu recours au chômage technique ou partiel[2].

Attentes vis-à-vis du gouvernement : une prise de position rapide et claire

Les entreprises françaises en République tchèque représentent plus de 11 % des investissements directs étrangers sur le long terme et emploient plus de 80 000 personnes sur le territoire. Leurs stabilités économiques et la qualité de l’environnement d’affaires sont essentielles pour leur développement futur.

Les entreprises françaises qui ont participé au sondage de la Chambre de commerce franco-tchèque attendent des mesures claires et compréhensibles de la part du gouvernement tchèque pour leur permettre de construire leur stratégie. Elles demandent également un système compréhensible d’accès aux mesures de soutien. Les principales mesures attendues de la part du gouvernement tchèque sont le système de Kurzarbeit[3] (63 %), la compensation des surcoûts dus à la quarantaine du personnel et aux autres obstacles au travail (57 %), le report de certains paiements et remboursements (50 %) et le soutien de l’Etat pour des prêts à taux réduits ou zéro (43 %).

Montrez l’exemple et aidez les autres

La plupart des entreprises françaises présentes sur le marché tchèque ont réagi de façon flexible à la situation et ont mis en place de nombreuses mesures préventives. Si leur secteur d’activité le permet, 9 employés sur 10 travaillent à distance. Les entreprises ont remplacé les réunions physiques par des visioconférences et ont réduit les actions à l’externe. La moitié des entreprises sondées ont également mis en place des campagnes de sensibilisation sur l’hygiène et la santé. Une fois la crise passée, les entreprises souhaitent développer la flexibilité du travail (télétravail, visioconférence...), digitaliser des activités et le développement de solutions du commerce en ligne.

De nombreuses sociétés membres de la Chambre de commerce franco-tchèque ont réagi à la situation actuelle en proposant gratuitement leurs services et produits, y compris les membres du conseil d’administration de la Chambre. Eva Decroix fournit des conseils juridiques par téléphone gratuits et l’avocate Michaela Fuchsová partage les informations sur l’impact des mesures gouvernementales sur les entreprises d’un point de vue juridique. Decathlon a participé à la création de respirateurs improvisés à partir de masques de plongée, le fabricant de spiritueux Pernod Ricard a produit et distribué du désinfectant et Danone fournit 7 tonnes de produits laitiers aux travailleurs en première ligne de la lutte contre les coronavirus.

Le sondage

L’enquête a été organisée par la Chambre de commerce franco-tchèque, en coordination avec l’Ambassade de France en République tchèque. L’enquête sur l’impact économique du coronavirus a été réalisée entre le 20 et le 27 mars 2020, sur un échantillon représentatif de 68 entreprises membres basées en République tchèque.

 


[1], 2 Dans le code du travail tchèque, le „chômage partiel“ indique que l’employeur va diminuer les horaires de travail de ses salariés. En Tchéquie, le „chômage partiel“ comme on l’entend en France correspond au „kurzarbeit“ c’est-à-dire que l’Etat apporte une contribution aux entreprises pour le paiement des salaires.

 

[3] Au moment du sondage, la loi concernée n’était pas encore en vigueur

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