L’autopartage – une menace pour l’industrie ou un soulagement pour les villes ?

D’après ses partisans, le partage des voitures est écologique, contribue à la diminution des émissions de CO2, ce qui est bénéfique pour les citoyens et pour la couche d’ozone.

De surcroît, il évite les luttes pour trouver une place de parking.

Bien sûr, ce système présente aussi des inconvénients : moins de liberté lors des déplacements imprévus et une moindre rentabilité lorsque la voiture est utilisée au quotidien. Le pouvoir d’achat est le moteur de la croissance et l’autopartage va à contre-sens des mesures du gouvernement en faveur de l’industrie automobile.

Les projets des constructeurs français et la réserve des Français

Longtemps restés indifférents, les constructeurs automobiles s’intéressent de plus en plus à l’autopartage. Renault a décidé récemment de franchir le pas avec Renault Mobility, une expérimentation en cours à Paris depuis juin dernier. Les tarifs s’échelonnent entre 8 et 5 € de l’heure selon que la location s’effectue le matin ou le soir. Les Parisiens peuvent emprunter  deux véhicules thermiques (équipés d’un moteur à combustion interne), Clio et Captur, et un modèle électrique, la ZOE.

Le groupe PSA est lui aussi actif dans le domaine. Depuis 2012, le constructeur propose à Berlin le service Citroën Multicity, soit 250 véhicules électriques disponibles du modèle C-Zero. Les utilisateurs s’abonnent et réservent leur véhicule via une application dans leur smartphone ou sur Internet. En France, son partenariat signé en 2015 avec le groupe Bolloré permet à Citroën de tester l’autopartage dans les rues de Bordeaux et de Lyon.

Koolicar, une des start-up françaises de l’autopartage basé sur la location de voitures entre particuliers, a récemment accueilli PSA dans son capital. La somme des investissements des deux partenaires s’élève à 18 millions d’euros.

Les constructeurs français se lancent dans de nombreux projets innovateurs, mais les Français sont peu enclins à abandonner leur voiture. Selon une enquête intitulée « Les Français et les paradoxes de l’automobile » réalisée par Opinionway, 75 % des automobilistes estiment ne pas pouvoir se passer de leur véhicule. Ils ont également placé la liberté dans les déplacements (88 % des répondants) loin devant le plaisir de conduire (68 %).

L’autopartage arrive en Tchéquie

Prague est en train de rattraper son retard en matière d’autopartage par rapport à d’autres métropoles européennes. Plusieurs entreprises ou coopératives proposent quelque 190 voitures dans une dizaine de villes tchèques. La plus ancienne est Autonapůl (voiture à moitié), fondée en 2003 par quelques familles qui se sont inspirées de ce qui se faisait à l’étranger. Elle dispose actuellement de 52 voitures dans 8 villes. Le plus grand acteur est Car4way, soutenu par Škoda Auto, avec 120 voitures. Les prix varient entre 1 et 4 euros par heure en fonction de la taille du véhicule. La mairie de Prague profite de ces initiatives pour tenter de réduire le nombre de voitures dans le centre-ville, qui est passé de 428 000 à 941 000 en l’espace de 25 ans, en leur permettant de stationner à un prix symbolique.

Škoda vient de lancer un nouveau projet – Škoda4Now, dans lequel les étudiant de trois universités tchèques (ČVUT, VŠE a ČZU) travaillent en commun sur la partie technique et économique de l’autopartage. Six voitures seront mises à disposition des professeurs et étudiants à compter de septembre 2017, ce qui permettra à Škoda de renforcer son image marketing tout en donnant la possibilité aux étudiants de se confronter à la réalité.

Pour en savoir plus sur l’industrie automobile tchèque :

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